01/09/2007

Altitude 4810m

Eh mon ami, t'aimerais ça monter au Mont-Blanc?
Quel Haut-Savoyard n'a jamais rêvé de faire un jour l'ascension du Mont-Blanc? Un rêve de gosses par chez nous comme un sénégalais rêverais de voir la neige (enfin, j'imagine)
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Le samedi matin, 1h de petit train pour monter au Nid d'Aigle, à 2375m. Les conditions ont l'air plutôt bonnes, soleil et température clémente. Je suis plutôt excité, avec un double sentiment mélangeant un peu d'apréhension je dois dire.
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Au bout de quelques heures de marche direction le refuge du goûter, on profite déjà de panoramas exceptionnels.
Après 4h30 d'ascension, nous arrivons au refuge, 3800m d'altitude. Déjà impresionnant! Le refuge est full, et si jamais on veut communiquer, mieux vaut savoir parler anglais, il doit y avoir pas loin de 80% d'étrangers, polonais, russes, italiens, anglais, et je ne sais encore quelles autres nationalités! Le sommêt de l'Europe est décidément plus en Europe qu'en France... (je ne sais pas si ma phrase fait du sens). 18h45, à la soupe! Mummh, c'est bon le riz de cantine sans goût, inclus dans le forfait demi-pension à 77 euros! 20h30, couche-couche panier, essaie de dormir pour voir! 23h45, bizarre, toujours personne ne ronfle, tant mieux! Envie de pisser, quelle heure est-il? 1h10, et merde, le réveil sonne dans 20 min. Bon, on dormira demain. Le levé est plutôt facile en fait, vu qu'on n'a pas dormi, on a pas trop la tête dans le sac, et l'excitation de l'ascension met de toutes façons grave la pêche! Après un petit p'tit-déj, on chausse les crampons, on s'encorde, et la cordée démarre: il est 2h30. Un cortège de plusieurs dizaines de cordées longe le glacier du goûter direction le dôme, puis refuge Vallot, pour enfin rejoindre la crête des bosses. Lorsqu'on se retourne, c'est magique, une guirlande de lampions suit la route du sommêt, dans le silence et la lenteur qu'impose l'altitude. La lune, presque pleine, dessine les lignes de crêtes à l'horizon. 3500 m plus bas, on distingue le fond de vallée et ses petits villages illuminés sur fond noir. Si le vent pouvait s'arrêter 2 sec, on resterait bien quelques minutes à contempler et profiter de cette atmosphère unique. Mais non, ça pêle et ça souffle, alors nous on trace. On remonte pas mal de cordées, à croire que tout le monde marche vraiment lentement. Ou alors c'est nous qui marchons vite.Pourtant, Jean-Luc est formel, si on veut arriver au sommêt en 4h30 de marche, pour être sûr d'arriver avant que le vent ne forcisse, il ne faut pas traîner. Alors nous marchons, d'un pas lent et régulier. Pas question d'accélérer, l'altitude et le manque d'oxygène bloque toute tentative de casser le rythme.
6h10. Le sommêt. On l'a fait, on est au sommêt de l'Europe! Même pas fatigués, même pas mal... enfin, sauf Mathieu qui a fini en rempant. L'exploit n'est que très vite fêté car un vent glacial nous incite à redescendre illico. Un doux grésil bien piquant et bien incisif nous perfore le visage et nous déchire les yeux, jamais on arrivera en bas. En fait, si, parce qu'on est très forts! Alors que le jour finit par se lever et les premiers rayons de soleil révêlent et découpent les reliefs, nous commençons enfin à profiter d'un paysage exceptionnel. C'est tout simplement énorme, unique, féérique!
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La descente se fait bien, dans une neige souple et légère. On aurait dû monter nos skis!
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Et voilà! Elle est pas belle cette crête qui tire jusqu'au sommêt?!
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Les gens sont très contents! ... et voici ce que l'on peut voir en descendant du dôme du goûter: l'arrête de Bionnassay et au fond le dôme de miage. C'est pas amazing ça?
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La suite de la descente ne se raconte pas, c'est trop chiant. Tellement chiant d'ailleurs qu'on a couru sur les 600 derniers mètres histoire qu'on sache pourquoi on est fatigués à l'arrivée! C'est ainsi que 2500 m de dénivelés se descendent aisément en 4h30, ben quoi?!
Moralité: une course mémorable, pas technique et très belle! Je risque d'en parler pendant quelques temps...!!!

Commentaires

un sénégalais qui rêve de voir la neige...
tin, t'es atteint des fois toi...
C l'altitude qui te bouffe les neurones...

Ecrit par : toujoursraison | 27/11/2007

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